
Achèvant l'adaptation de Gilgamesh, j'ai voulu intégrer à l'ouvrage la Descente aux enfers d'Ishtar, épisode touchant d'un mythe sans doute beaucoup plus vaste et qui fait écho à la douzième tablette des aventures de Gilgamesh. Ishtar, déesse de l'amour, de la guerre, représentée par la planète Venus, semble vouloir étendre son empire sur le territoire des morts mais l'opération n'est pas sans danger, ce que se chargera de lui rappeler sa soeur, la terrible déesse des enfers Ereshkigal. Effecruant des recherches sur le mythe j'ai déniché un ouvrage du Dr Contenau, conservateur, au Louvres, du département des antiquités babyloniennes dans les années trente-quarante. Sans doute l'ouvrage est-il dépassé mais il contient de passionnants traduction de textes akadiens dont la légende que je cherchais ainsi que cet "exaltation" d'Ishtar, d'une grande poésie :
...par le ciel, je vais!
Ishtar, la déesse du soir, c'est moi;
Ishtar, la déesse du matin, c'est moi,
Ishtar qui ouvre le verrou des cieux brillants...
Pour accomplir les présages je me lève, avec perfection je me lève
Ishtar, la déesse du soir, c'est moi;
Ishtar, la déesse du matin, c'est moi,
Ishtar qui ouvre le verrou des cieux brillants...
Pour accomplir les présages je me lève, avec perfection je me lève
pour accomplir les présages de mon père Sin,
pour accomplir les présages de mon frère Shamash,
moi, mon père Nanna(r) m'a établie pour accomplir les présages, je me lève
moi, mon père Nanna(r) m'a établie pour accomplir les présages, je me lève
dans les cieux brillants pour accomplir les présages!
Dans l'allégresse, je m'en fais gloire, dans l'allégresse je m'en fais gloire,
Dans l'allégresse, je m'en fais gloire, dans l'allégresse je m'en fais gloire,
dans l'allégresse, moi, déesse, je marche tête haute!
Je suis Ishtar déesse du soir,
je suis Ishtar déesse du matin,
je suis Ishtar qui ouvre le verrou des cieux brillants, je m'en fais gloire;
les cieux je les apaise, la terre je l'apaise, je m'en fais gloire;
Je suis Ishtar déesse du soir,
je suis Ishtar déesse du matin,
je suis Ishtar qui ouvre le verrou des cieux brillants, je m'en fais gloire;
les cieux je les apaise, la terre je l'apaise, je m'en fais gloire;
je suis celle qui apaise les cieux, je suis celle qui apaise la terre,
je m'en fais gloire!
je m'en fais gloire!
G. Contenau, Le Déluge babylonien, Ishtar aux enfers, La tour de Babel, Payot, 1941.







